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Le site de Romainmôtier avant le VIIe siècle

Qui aurait douté que les dernières recherches archéologiques entreprises à Romainmôtier, commencées en 1971, n’eussent permis d’affiner les connaissances que nous ont léguées nos prédécesseurs qui, sous la direction d’Albert Naef, explorèrent le sous-sol de l’église et de l’ancien cloître lors de la restauration de 1899-1915 ?

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En effet, les moyens mis en oeuvre ont été beaucoup plus importants, autorisant des fouilles sur l’ensemble du périmètre de l’ancien site conventuel. Ainsi, l’idylle des « Pères de Jura », de saint Romain et de son frère saint Lupicin, qui auraient trouvé dans les confins du vallon du Nozon un terrain éloigné des habitations pour y construire de simples huttes propices à vivre un monachisme ascétique, cette idée doit être abandonnée.

Rien d’un site in eremo, comme on a usage de qualifier les places occupées par des établissements monastiques, mais un site se trouvant près de l’importante voie qui reliait la Gaule à l’Italie par le col du Saint-Bernard. Les premiers moines se sont même installés sur un domaine habité de l’époque gallo-romaine, de vocation probablement artisanale.

Il devait donc bien exister un pouvoir temporel qui leur mit à disposition les lieux. Des constructions existantes à leur arrivée, les moines reprirent deux édifices à colombage (A1 et A2) en les complétant par deux bâtiments sur poteaux (B1 et B2), disposés en équerre. Ce sont les premiers vestiges archéologiques qui laissent reconnaître le futur plan d’un monastère: une cour entourée d’une église et de Le site de Romainmôtier avant le VIIe siècle Peter Eggenberger, archéologue et historien bâtiments conventuels. Certes, les traces sont ténues, mais la reprise de l’emplacement de ces premiers édifices monastiques (de son plan même pour l’un d’entre eux) pour ériger des bâtiments maçonnés à l’occasion de plusieurs chantiers jusqu’en 1537, année où le monastère fut sécularisé, confirme leur fonction primitive d’habitations conventuelles.

Quant à la première église connue (B3), retrouvée en 1905-1907 déjà dans le sous-sol de l’église actuelle, son existence corrobore certainement la fonction conventuelle du site, mais le moment de sa construction reste imprécis. Etait-elle vraiment le premier lieu de culte ou existait-il un autre auparavant, éventuellement en bois ? Elle devait en tous cas dater des VIe ou VIIe siècles au plus tard, comme en témoignent les proportions trapues de son plan à abside, flanqué d’annexes de part et d’autre de la nef.

Elle ne contribue donc pas non plus à la datation précise de la fondation de l’abbaye, supposée être advenue au milieu du Ve siècle.

Peter Eggenberger, archéologue et historien

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